Pablo Neruda

Hay que volar

Il y a quarante ans, le 11 septembre 1973, au Chili, Salvador Allende se donnait la mort dans le Palais de la Moneda, à Santiago.

A cette époque, j'habitais à Concepcion. Nous étions reclus dans notre maison, avec un couvre feu draconien. Plus de Télé, plus de Radio, sinon des grandes plages de musique militaire et classique entrecoupés de communiqués lénifiants diffusés par la junte militaire.

Dehors, en ce mois de septebre 1973, des rafales de mitraillette, le bruit des chenilles sur le bitume, et un calme étrange, fait de peur et de silence.

Puis un communiqué, laconique. Pablo Neruda est mort. De maladie. D'un cancer. Le 23 septembre.

Auparavant, on avait su que sa maison avait été pillée. Détruite.C'est pareil. Assassiné, éliminé, mort, disparu.

On brûlait les livres, les jeunes devaient raser leur tête, les filles allonger les jupes. On cachait les drapeaux, on se guettait du coin de l'œil, on attendait les coups frappés aux portes.

Un drôle de mois de septembre 1973 pour une petite fille qui habitait au Chili.

 

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Quarante ans après, on exhume son corps, et on relit ses poèmes, ses poèmes épiques et ses sonnets d'amour. Hommage à Pablo Neruda, citoyen de las alturas de Macchu Picchu.

Hommage autour d'un sonnet de la Centena de Amor :

 

Hay que volar en este tiempo, a donde?

Sin alas, sin avion, volar sin duda,

ya los pasos pasaron sin remedio,

no elevaron los pies del pasajero.

 

Hay que volar todo el tiempo,

como las aguilas, las moscas y los dias

Hay que vencer los ojos de Saturno

fara establecer alli nuevas campanas.

 

Ya no bastan zapatos ni caminos

ya no sirve la tierra a los errantes

ya cruzaron la noche las raices

 

y tu apareceras en otra estrella

determinadamente transitoria,

convertida por fin en amapola.